L’oeil dans le Ciel, Philip K. Dick : percevoir le monde différemment

L’oeil dans le ciel est un roman de Philip K. Dick, l’auteur de Blade Runner, paru en 1957 aux Etats-Unis. Il peut être intéressant pour la question contemporaine “Les Radicalités” du concours commun de Sciences Po 2018. Mais c’est surtout un roman qui ne ressemble à aucun autre, à lire si vous êtes curieux !

Si vous avez la flemme, je vous fait un petit topo…

L'oeil dans le Ciel de Philip K. Dick
L’oeil dans le Ciel de Philip K. Dick

Petit résumé

On a un groupe “d’amis” : Hamilton, Marsha, McFeyffe, Mme Pritchett, David Pritchett, Laws, Sylvester, Melle Reiss. Je crois que c’est tout pour les principaux protagonistes.

Donc ces gens vont vivre une aventure assez spéciale tous ensemble. A la suite d’un procédé de science-fiction non identifié (je n’ai pas tout tout compris mais bon je suis en ES… trop scientifique), ils se retrouvent projetés dans un autre monde.

Or, cet autre monde, nous allons le découvrir, est celui de Sylvester. C’est-à-dire que tout correspond à SA réalité, à la façon dont il perçoit le monde, et Sylvester est en fait l’équivalent de Dieu lui-même dans ce monde-là. C’est comme entrer dans sa tête, en gros.

Il parviennent finalement à sortir de ce monde (non je ne vous dirai pas comment), mais ce n’est que pour mieux retomber dans un autre… Celui de Mme Pritchett. Cette fois, toute radicalité disparaît (#concourssciencepo), tout excès n’est plus, mais à force de supprimer toutes les choses ennuyeuses, désagréables, dérangeantes… il ne reste plus grand-chose, et les personnages finissent par quitter ce monde également.

Pourtant, ils ne sont toujours pas chez eux : c’est au tour de Melle Reiss. Puis, ce sera le tour de Marsha… jusqu’à ce que la spirale s’arrête enfin.

Remarques

Le couple Marsha/Hamilton est attachant, c’est eux qui rendent selon moi l’histoire intéressante.

Le livre fait 253 pages, donc pas énorme, et il se lit vite.

Je soulignerais que le personnage de McFeyffe n’est pas sans rappeler le général McCarthy qui en 1950-1954 avait chassé les communistes d’Amérique sans relâche (mcccarthysme). Le livre a donc à mon avis une dimension satirique. Les communistes, représentés entre autres par le personnage de Marsha y sont violemment calomniés par des conservateurs extrémistes comme Melle Reiss par exemple.

Le monde de Mme Pritchett est à mes yeux le plus intéressant. Cette manie qu’elle a de supprimer tout ce qui lui pose problème (à commencer par les moustiques, avouez-le, on en a tous rêvé), nous montre l’évidence : la vie n’existe pas sans son lot de “problèmes”, ou de défis à affronter – selon le point de vue.

De plus, le fait que plusieurs personnages prennent successivement “la place” de Dieu nous prouve qu’un Dieu, tel que l’on peut l’imaginer dans les différentes religions, ne peut pas avoir des qualités humaines. Car, qui dit humain, dit erreur, et notamment erreur de jugement.

Enfin, on pourrait penser que le voyage à travers ces différents mondes ait un côté redondant, répétitif, mais ils sont tellement distincts les uns des autres qu’on ne s’ennuie pas.

Conclusion

Comme le disait mon prof de philo : chacun a donc bien sa propre perception du monde qui l’entoure; nous vivons tous dans des mondes différents.

Je mettrai…

Sur ce, à bientôt les OWTSiders (outsiders, oui je suis fière de ce jeu de mots),

Florence

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